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La ferme nourricière, patrimoine d'autrefois, utopie d'aujourd'hui ?

Résidence   de   recherche   et   écriture   de   projet

Artistes : Aline Part et Marie Labat
Paysagiste et botaniste : Véronique Lörtscher

Autrefois, la ferme était pensée selon la géologie de son territoire, avec ses ressources locales, adaptant sa production à sa terre, multipliant les activités nourricières : cueillette, cultures et élevage. Avec les politiques agricoles et la spéculation foncière, le modèle originel de la ferme vivrière alliant biodiversité, autonomie et production a progressivement périclité. Au regard des enjeux environnementaux, sociaux et économiques actuels, cet ancien modèle agricole durable, nous apparaît comme l'outil perdu à redécouvrir.

Deux artistes, Marie Labat et Aline Part, et une paysagiste-botaniste, Véronique Lörtscher, ont mené une résidence de recherche en vallée d'Ossau, visitant et rencontrant des fermes et des anciennes fermes aux diverses typologies d'usages. Elles ont étudié l'utilisation actuelle de ces lieux en se focalisant sur la conception et les usages des espaces extérieurs, cherchant la place ou la trace du nourricier.

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ÉTÉ        CULTUREL

Atelier de création en coopération avec les résidents de l'EHPAD Argelas de Sévignacq-Meyracq (Vallée d'Ossau - Pyrénées Atlantiques)

Artistes : Aline Part et Marie Labat
Paysagiste et botaniste : Véronique Lörtscher

Associés au projet de résidence, des ateliers artistiques ont offert aux intervenantes et aux personnes âgées un temps de coopération dans une création. Le travail commun s’est organisé autour de la rencontre de différentes sensibilités, permettant aux artistes et paysagiste - botanique de composer avec des personnes et leurs histoires de vies. Pour les résidents ce fut l’occasion de faire appel à leur mémoire pour partager des souvenirs afin de les retranscrire par l’utilisation d’outils artistiques. Le travail commun s’inscrit dans la créations d’une éditions, un objet artistique et pédagogique, une démarche engagée, faisant participer les résidents au débat actuel sur notre utilisation du bien commun nourricier. Trois ateliers ont été conduit avec trois médiums différents. Les créations ont été documenté photographiquement pour composer le projet d’édition.

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Aline Part / Artiste plasticienne

 

Artiste pluridisciplinaire l´art fait corps avec moi. Je me promène en permanence avec mon appareil photo en bandoulière, un carnet et de quoi dessiner dans le sac. Je passe mes journées les mains dans l'argile. Je n ´ai pas de thème ni de technique préféré. Ma création évolue selon mes questionnements, les expériences que je traverse, des thématiques intimes, ou en m'inspirant de l'actualité, devenant militante. Je ne cherche pas à réaliser des œuvres contemplatives mais transmettre des messages à l´aide de pièces visuelles. Mon travail est foisonnant et changeant, tout en étant lié par une esthétique particulière, fait d’éléments antagonistes, poétique, minimaliste et épuré. Je pratique la photographie, la performance,  la vidéo, le street-art, la céramique, le dessin, la peinture ou l ´art textile. Pour moi aucune n ´a plus d’importance qu'une autre. J'ai le désir que l'art ne soit pas élitiste et compris par un large public. Après avoir exploré plusieurs thématiques de recherches conceptuelles je travaille actuellement beaucoup sur la relation que l'homme entretient avec la nature. Ayant déménagé dans un environnement rural je me nourris de mes longues balades dans la nature photographiant le paysage qui m'entoure et transformant mes réflexions en œuvres plastiques. Je me suis formée à la céramique à Séville dans le sud de l ´Espagne où j ´ai vécu 10 ans. Auparavant, j ´ai obtenu à Toulouse un master en Arts plastiques. Je possède un atelier de céramique dans le Pays basque (France) où je réside depuis 4 ans. Mon travail a été exposé dans plusieurs pays, Espagne, Angleterre, Cuba, Colombie, France ou avec arte-créative.

 

Pourquoi cette coopération et création de territoire

Aline est une néorurale, elle a hérité de la maison de son papa, celle qu’il rêvait d’habiter pour ses vieux jours, une ferme réaménagée. Elle a épousé son rêve. L’artiste travaille à partir de son expérience de vie. Ainsi, cette nouvelle vie, cette adoption, l’emmène à poser son regard sur le paysage rural. Elle a débuté une série photographique autour de cette rencontre. Elle souhaite comprendre les enjeux actuels du territoire qui est devenu le sien, passant de son histoire personnelle à l’histoire collective. C’est aussi l’occasion de tisser son réseau local et de pouvoir exister comme artiste sur son lieu de vie.

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Marie Labat / Artiste plasticienne

 

Ma ferme familiale et sa campagne m’offrent des espaces de respiration, comme une liberté instinctive, à la lisière du bois, du sauvage, les mains dans la terre, avec le vivant, au rythme des saisons et dans la traversée des paysages. Depuis mon enfance, ce lieu me transmet un certain nombre de savoirs, une forme d’éducation à la nature, mais aussi une forme d’éducation à la question du contrôle telle que la maîtrise des espaces naturels, toujours plus importante. Alors ce qui est pour moi un espace de liberté parle aussi des op- pressions subies par ce territoire à ciel ouvert. Ce que j’appelle les « ruralités » sont à mes yeux autant de terrains où se jouent des enjeux sociaux majeurs d’ordre environnemental et, bien sûr, d’ordre économique, à la fois pour aujourd’hui et pour demain. Les formes, les matières ou les figures de mon quotidien deviennent ainsi dans ma pratique artistique autant de matériaux à travailler , que ce soit dans la pratique du dessin, de la sculpture ou de l’installation, à des fins esthé- tiques et politiques. C’est de cette façon que, à partir de mon espace de vie et du regard que je porte sur lui, je tisse mon rapport au monde. Je suis dans le désir incessant de comprendre comment l’humanité, notre culture, ses con- textes d’émancipation et d’asservissement s’expriment dans ses relations avec la nature. À la fois artiste, agricultrice, femme et citoyenne - donc féministe (!) - , je cherche ce qui lie mon territoire aux questions et enjeux contemporains, de ce qui organise les choses du local au global et inversement.

 

Pourquoi cette coopération et création de territoire

C’est une continuité logique dans sa démarche, créer des rencontres artistiques, coopérer et produire avec les acteurs du territoire pour montrer toute la puissance de l’acte créatif dans l’espace collectif. Sa démarche associe deux sensibilités, l’art contemporain et l’agriculture. Son travail artistique se nourrit de son projet de vie, habiter et travail la ferme familiale c’est penser son travail créatif selon les situations du quotidien paysan et selon les contextes sociaux, politiques ou environnementaux. Aujourd’hui, préserver la ferme et sa fonction nourricière est au coeur des enjeux des territoires ruraux, c’est naturellement que Marie souhaite accompagner les acteurs engagés dans cette prise de conscience. Elles souhaite inscrire la ferme dans le champ de l’art contemporain et déplacer le regard sur le sujet, par la création. C’est une suite logique et une continuité dans son projet artistique que de questionner les formes d’habitations de fermes présentes sur le territoire.

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Véronique Lörtscher / Paysagiste

 

Paysagiste, animatrice nature et créatrice, Véronique Lörtscher a un parcours riche et diversifié. Son rapport à l’espace et à la matière lui dicte des créations diverses et variées selon les publics et les situations. Botaniste et ancienne maraîchère, passionnée par le vivant, elle entretient une relation intime avec le végétal sauvage et cultivé ainsi qu’un interêt particulier pour la vie du sol et les insectes. En tant que paysagiste, elle s’attache à identifier les caractéristiques d’un espace donné ( biodiversité, architecture, …) afin d’en révéler le potentiel. Son univers graphique est peuplé de formes organiques et de symboles inspirés par le vivant.

 

Pourquoi cette coopération et création de territoire

Véronique est une ancienne maraichère, du jardin « Le chant de la terre » à Sévignacq-Meyracq. Elle a cultivé la terre avec pour objectif associer au maximum le vivant présent dans le projet nourricier. Aujourd’hui, elle accompagne les particuliers dans leur projet de jardin, d’aménagement extérieur mais aussi s’associe à des projets d’éducations et de médiations. Elle se dit paysanne, profondément interpelée par la question du nourricier. Elle est animée par l’envie de proposer des formes pertinentes pour déplacer le regard et sensibiliser chacun à l’importance de vivre avec le vivant, une philosophie du vivant. C’est pourquoi elle a rejoint le projet, elle trouve la possibilité de donner une dimension supplémentaire à son travail. Son engagement est motivé par l’envie de prendre en considération l’acte de cultiver, paysager et maraîcher, comme un acte artistique et engagé.

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Partenaires 

 

Renouveau Paysan est une association qui oeuvre pour la réalisation de logements sociaux sur des fermes, afin d’installer des nouveaux paysans, offrir une habitation et une terre. Le projet souhaite faire intervenir les bailleurs sociaux en territoires ruraux, prendre conscience de l’importance de préserver la ferme dans sa fonction nourricière et autarcique, sa construction en petite cellule sociale, pour ralentir la spéculation immobilière et agir en faveur de l’environnement avec des projets agricoles à dimension écologique. Ils conduise deux projet en Béarn et Pays Basque.

 

L'association a ponctué la résidence de recherche d'échanges, permettant aux créatrices de comprendre le contexte et l'intérêt à rassembler autour de leur sujet. 

 

Atelier participatif : Nous prévoyons d’organiser une journée de rencontre avec les 130 familles candidates sur la ferme Mouliaa à Espioute. L’objectif de ce moment sera de proposer un temps de rencontre qui soit différent des concertations administratives pour imaginer une production artistique participative. Les candidats au projet seront invités par les artistes à intervenir ensemble sur une production qui traduira les engagements citoyens du renouveau paysan.

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Partenaires

Graveur sur pierre Marbrerie Moncayola à Arudy.

 

Les fermes sont en pierres diverses, traduisant une terre, ses ressources. Elles sont présentes sur les différentes architectures, délimitant les circulations ou apparaissant sur les sols par gisement. Elles sont ornées de gravures aux symboles multiples les fermes. La pierre et le premier matériau de construction de ces lieux, elle est issue du sol du territoire et traduit les mouvements de la terre, une histoire de plusieurs milliers d’années, un espace temps nous ramenant à notre présence, infiniment petite. Les artistes auront un temps d’initiation à la pratique de la gravure avec l’entreprise de marbrerie Moncayolar à Arudy. Elles sont invitées par les artisans sur le lieu de l’entreprise. L’objectif est de découvrir et de s’initier à une technique en lien avec la ferme, l’ornemental sur le bâti de l’espace nourricier, et utilisant une ressource naturel présente sur le territoire pour penser une partie de la production artistique.

Les lieux de recherche

 

Ferme Vincent Mialocq, maraicher fermier sur la partie exploitation, une ferme au nourricier très conservé, habitation mise en location par les propriétaires.

 

Ferme Bignalat, cherche à retrouver la ferme nourricière à échelle humaine, potager, basse cours, petit élevage bovin en extérieur et uniquement nourrie des pâturages, projet de plantation d’un nouveau verger et fruits rouges. Agriculture couplée à d’autres activité extérieurs professionnelles.

 

Le chant de la terre, est un lieu pensé autour du nourricier sans habitation. Les propriétaires ont imaginé un lieu paysagé, avec la plantation de multiple plantes et arbres locaux, tout en associant une production maraichère. Le lieu associe le vivant sauvage et cultivé tout en concevant différentes organisations d’espaces et de circulations.

L'autre sud, Chambres d'hôtes sur une ancienne stabulation, bâtiment agricole industriel, la ferme a été rachetée par un couple avec pour objectif de développer un projet touristique.

 

Paysage Lys Observation du phénomène de construction de petits pavillons urbains sur les corps de fermes, par les enfants d’agriculteurs pour avoir un logement indépendant, sur la commune de Lys (reprenant les codes urbains, clôture, massif « artificiel ».

 

Françoise, habite une ancienne ferme héritée de ses parents, conserver l'existant, laisser libre cours au sauvage, pas d’activité agricole, propriétaire de terre agricole en fermage.

 

Ferme Laure-Marie Sabatier, néorural, en projet de mini ferme (élevage, maraichage, verger…), propriétaire de terre agricole en fermage, cohabitation avec un agriculteur.

 

Ferme Cazenave, agriculteur de production de lait et fromage, une ferme à l’architecture locale, cernée de bâtiments agricoles industriels, disparition des espaces nourriciers, autarciques. Changement d’orientation agricole, passage au biologique, changement d’agriculture toujours dans une production de grande commercialisation.

​Gîte du Cot, une ancienne ferme devenue un lieu d'hébergement touristique avec un jardin ornemental, au essences asiatique.

 

Ferme Noa a un projet de mini ferme et d'ateliers culturels (pratique de la poterie).

Rencontre avec des personnes ressources :

 

-Géologue du Parc National (partenaire de l’association La Prairie des possibles) pour l’étude des matériaux présents sur le territoire pour bâtir les fermes ou cultiver la terre (argile, schiste...), étude du sol, la terre. Qu’est-ce que le sol nous offre comme ressources ?

Différentes pierres sont utilisées dans les architectures des fermes. Entre autres, le grès qui est le résultat de la sédimentation naturelle du sable, traduisant le passage de la mer, un mouvement, une temporalité différente qui a permis, d’obtenir cette ressource pour bâtir des édifices imposants. Certaines roches étaient utilisées comme engrais. Des carrière de gypse étaient présentes. L’argile concentre les nutriments nécessaires aux cultures et au sauvage…

-Université de Pau et Pays de l’Adour, avec Marion Charbonneau (sociologie et géologie).

 

-L’architecte aux pieds nus, de Johan Van Lengen, ouvrage traduit par Lùcia Leistner (intervention de Lùcia Leistner

-CAUE (conseil d'architecture, d'urbanisme et de l’environnement)

Comment étaient pensées les architectures locales, leurs fonctions paysannes et leurs besoins en énergies. Aujourd’hui, comment construire ou rénover avec les ressources locales, dans un souci d’impact énergétique sur l’environnement. Comment associer la préservation d’un patrimoine bâti face aux coût de rénovation d’une ferme et face aux enjeux actuels, l’urgence de la préservation de notre patrimoine nourricier ?

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